Les ailes de courage, George Sand

Mis à jour : 22 déc. 2019

[by Marguerite]



Clopinet est un petit garçon, un peu chétif, un peu boiteux, un peu peureux. Il rêve de mer, de voyages et de liberté, mais se voit placé en apprentissage chez un tailleur effrayant et antipathique. Il s'enfuit, s'éloigne du monde des hommes et s'installe pendant quelques mois dans un "nid" à flanc de falaise. Dans ce refuge, son innocence et sa curiosité deviennent un atout. Evoluant auprès des oiseaux, il découvre la richesse du monde qui l'entoure, et se voit pousser des "ailes de courage" qui lui permettront de surmonter les plus épineux obstacles, petit à petit, avec lenteur et détermination.


De retour chez lui, son savoir lui permet de devenir taxidermiste, et de trouver une place inespérée et confortable chez un savant baron féru d’ornithologie. Mais l’appel du large, et du vivant, reste plus fort que tout.


« Je n’ai jamais tué qu’un oiseau, un seul, pour le manger, pressé que j’étais par la faim. Je ne me le suis jamais pardonné, et j’ai juré de n’en pas tuer un second ; mais il n’en est pas moins vrai que je vis de la mort de tous ceux que je prépare, et cette idée me trouble et me poursuit comme un remords ».





L’enfant pauvre des falaises, à force d’observation, a si bien appris à aimer la nature et ses compagnons ailés, qu’il ne peut devenir autre chose qu’un homme de courage et de science, respectueux des gens et des animaux. Il repartira, le cœur et le bagage légers.

« Je pense qu’il y a autour de nous de bons génies qui prennent à nos yeux certaines formes et empruntent certaines voix pour nous montrer leur amitié et nous bien conduire. Je ne prétends pas qu’ils fassent des miracles, mais ils nous en font faire en changeant, par leurs bonnes inspirations, nos instincts d’égoïsme et de lâcheté en élans de courage et de dévouement. Cela vous étonne, mon cher patron, et pourtant je vous ai quelquefois entendu dire en beau langage que, dans l’étude de la science, la nature nous parlait par toutes ses voix, qu’elle nous détachait ainsi de l’ambition et de la vanité, enfin qu’elle nous conservait purs et nous rendait meilleurs. J’ai bu vos paroles, et ces voix de la nature, je les ai entendues. Je me suis enivré de leur magie, je ne puis vivre sans les écouter. »





Clopinet devient un voyageur éternel, un naturaliste doux et généreux, qui toujours « se tint à lui-même la parole qu’il s’était donnée de ne rien tuer et de ne rien faire tuer pour son service ». Un magnifique conte initiatique, « écologique » avant l’heure, dans cette attention portée à la terre qui nous abrite, à sa fragilité dans la tempête et l’orage, à la beauté du vivant, et au respect qui lui est dû. L’écriture de George Sand est belle et brute comme l’océan, le propos est libre comme le vent. Un texte qui donne de l'espoir et du courage, à mettre entre les mains des poètes et des scientifiques, et de tous les grands enfants.



Les ailes de courage, George Sand

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